Je me suis abstenue sur cette modification du cadre financier pluriannuel (CFP) pour les années 2021 à 2027. Cette modification permet à 24 États membres volontaires sur 27, dont la France, d’emprunter 90 milliards EUR pour les prêter à l’Ukraine, dont 30 milliards au titre de l’assistance macro-financière et 60 milliards au titre du renforcement des capacités de défense. Si j’ai toujours approuvé les mesures de soutien à l’Ukraine pour l’aider à résister contre l’agression russe, je considère que les modalités de ce prêt, dont les seuls intérêts s’élèveront pour les États membres à 3 milliards EUR par an dès 2028, sont inadaptées. L’Ukraine ne sera tenue de commencer à rembourser ce prêt que lorsque la Russie lui aura versé des réparations de guerre, ce qui n’a vraisemblablement aucune chance de se produire. Dans un contexte où la dette publique de la France atteint déjà près de 3 500 milliards EUR, j’ai donc refusé d’engager l’argent des contribuables français et européens dans cette aventure risquée. Plus largement, j’estime qu’il est temps de mettre un terme par la diplomatie à ce conflit qui a déjà engendré plus de 2 millions de morts et de blessés, plutôt que d’encourager indéfiniment sa poursuite.