Normal… cet adjectif est donc celui qui va prévaloir au cours de cette nouvelle présidence. Normal pourrait devenir banal mais confronté aux choix politiques qu’en est-il ?

Car après avoir écouté François Hollande ce qui ne me semble pas… normal c’est cette vision empreinte d’idéologie au moment où nous devrions faire preuve de pragmatisme, au moment où la situation exige de relancer la croissance par la compétitivité.

Par habitude, le Chef de l’Etat a éludé les questions qui fâchent. Alors disons-le : Non, les 9 millions de Français qui bénéficient des heures supplémentaires défiscalisées et donc de plus de pouvoir d’achat ne trouveront sans doute pas normal de les supprimer. Cette mesure anti-pouvoir d’achat et anti-travail n’est pas normale dans un contexte de crise.

Ce sont des ouvriers, des agents de maîtrise et bien d’autres qui ne sont pas des privilégiés mais des français bien contents d’améliorer leur condition au quotidien.

Guillaume Mazeaud dans l’Est Républicain ce matin, souligne à juste titre que la remise en cause des heures supplémentaires défiscalisées pourrait toucher 7500 entreprises en Meurthe-et-Moselle et 46 000 salariés. Il précise que le manque à gagner moyen annuel pourrait s’élever entre 300 et 500 euros voire pour certains jusqu’à 2000 euros… on comprend le désarroi de ce chauffeur routier venu se plaindre à ma permanence du fait qu’il allait perdre 1600 euros ! Mais son désarroi sera sans doute plus grand encore demain quant il devra payer une augmentation de la CSG.

Oui, les classes moyennes seront touchées de plein fouet par l’augmentation des impôts et la baisse du pouvoir d’achat. François Hollande ment et ce n’est pas normal !

Quant à renoncer à la mise en place de la TVA sociale ou compétitivité, vantée par Manuel Valls le 7 avril dernier dans les échos là aussi, est-ce normal ? Cette réforme aurait permis de baisser le coût du travail et de taxer les produits importés ce qui aurait été juste.

Et que dire de la méthode de gouvernance soi-disant normale dont on peut douter de son efficacité… Arcelor-Mittal : nomination d’une mission, après avoir fait croire à une solution miracle pendant la campagne. PSA : nomination là encore d’un expert alors qu’il y a urgence à agir. Sommet social : sur deux jours… pour annoncer qu’il y aurait une réflexion avant toutes décisions pendant… un an !

Le Président annonce (sans se faire reprendre) que c’est le « retour de l’impôt sur la fortune » comme si nous l’avions supprimé. Est-ce normal ?

Le traité européen, aura été une séquence étonnante de cette intervention télévisée « j’ai renégocié un pacte de croissance 120 Mds d’euros » (pour 27 je vous laisse faire le calcul…) Il oublie de dire qu’il y avait déjà dans le traité des mesures pour la croissance, tout comme il passe sous silence, que la taxe sur les transactions financières c’est Nicolas Sarkozy qui en est à l’initiative.

Le Président se donne bonne conscience avec l’utilisation galvaudée du mot normal mais qui lui revient bien vite en boomerang, rattrapé par le comportement anormal de sa compagne qu’il a désavouée publiquement.

« Normal » devait être la marque de son quinquennat, en deux mois il a démontré qu’elle n’était pas d’une grande crédibilité.