Parce que la lutte contre le chômage des jeunes nous concerne tous, j’ai participé à une réflexion d’ensemble sur les bonnes pratiques en matière de formation professionnelle dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UpM). C’est ainsi que je me suis rendue les 2 et 3 novembre à Casablanca pour la tenue du 2ème Symposium Euromed sur la « Gouvernance de la formation professionnelle ».

Avec les partenaires sociaux des pays membres de l’UpM, nous avons échangé autour des pratiques et expérimentations de chacun pour répondre à l’urgence du défi qu’est l’emploi de nos jeunes générations.

Ces rencontres sont essentielles. Elles permettent de mettre en commun les observations faites par branches dans chacun des pays afin de toujours améliorer les solutions mises en oeuvre.

L’ « Observatoire paritaire des métiers et des compétences » mis en place dans ce cadre est un outil essentiel pour prendre connaissance d’un certain nombre de « bonnes pratiques » développées dans les différents pays. Les partenaires sociaux participent ainsi à l’observation des métiers et des compétences par une analyse sectorielle prospective permettant la création des mécanismes paritaires de diagnostic et de dialogue social entre employeurs et salariés.

La formation professionnelle est étroitement liée au développement économique, de l’emploi et à l’amélioration de la compétitivité des entreprises. Si je m’engage pour son développement c’est parce qu’elle un élément stratégique dans la réponse au défi de l’emploi, particulièrement celui des jeunes.

Jeudi matin, je me suis rendue l’Institut des Métiers de l’Aéronautique (IMA). Cet établissement de formation professionnelle de 800 places par an répond aux attentes de modernité du Maroc. Il assure au personnel des entreprises intermédiaires du secteur aéronautique et spatial des formations avant embauche, ainsi que des parcours de perfectionnement en cours d’emploi.

En Février 2009, une convention avait été signée entre les autorités marocaines, le Groupement des Industries Marocaines Aéronautiques et Spatiales (GIMAS) et le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS-UIMM) afin de réaliser ce projet. La France y a d’ailleurs contribué de façon très concrète puisque l’Institut a été construit avec le concours de l’Agence Française de Développement qui a investi 2,7 millions d’euros.

Ainsi, alors que la première pierre a été posée en Janvier 2010, il peut désormais accueillir des stagiaires en formation. L’efficacité du système, si récent soit il, n’est déjà plus à prouver. Les jeunes qui y sont formés dans les ateliers que j’ai pu visiter trouvent un emploi dans 100% des cas.

Dans un contexte de crise mondiale, le Maroc a trouvé sa voie à travers la modernité.

Je me suis ensuite entretenue avec mon homologue M. Jamal Rhmani, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle. J’ai rencontré une personnalité engagée en matière de réformes sur le champs du travail avec qui je partage une conviction essentielle : la nécessité d’une formation pour chacun de nos jeunes. C’est un partenaire essentiel pour la France qui s’engage pour l’emploi des jeunes et investit également dans les formations par l’apprentissage.

Enfin, j’ai visité le CFA des métiers de l’artisanat de Casablanca. Au cœur d’une ville où l’artisanat tient toute sa place dans le développement économique, les apprentis qui y seront bientôt accueillis bénéficieront d’une formation leur donnant tous les moyens pour s’intégrer dans leur vie professionnelle future.

Mais la révolution culturelle de l’apprentissage ne fait que commencer. Ce CFA de Casablanca a été créé dans le cadre d’un plan d’urgence du secteur de la formation professionnelle qui ambitionne d’étendre la capacité d’accueil des centres de formation dans les métiers de l’artisanat en formant 60 000 jeunes déscolarisés issus des régions rurales à l’horizon 2015, dont plus de 50 000 seront formés par apprentissage.

Ainsi, en France comme au Maroc, l’apprentissage est une chance pour nos futures générations. Il est de notre devoir de leur donner les moyens de construire leur avenir.

Retrouvez ici l’album-photo du déplacement
Visionnez le journal télévisé de la chaîne marocaine 2M dont j’étais l’invitée le 2/11/2011